Les Uchroniques Comtoises, de Rachel Fleurotte

Auteur : Rachel Fleurotte

Genre : Steampunk, Aventure, Romance

Public : adulte et jeune adulte

1903

Besançon est devenue la capitale de la technologie française. Elle abrite au cœur de la Citadelle qui domine la ville, sous la protection de l’armée, un des instituts de recherche les plus avancés du pays.

Victorien Larchet, le fils du directeur, y travaille depuis trois ans comme ingénieur, après de brillantes études. Mais malgré sa rigueur scientifique, il reste aussi très rêveur, baigné durant toute son enfance dans les légendes de la région racontées par Charlotte, sa nourrice. Alors qu’il peut se révéler brillant dans son travail, il se sent moins à l’aise dans sa vie quotidienne, et doit parfois surmonter sa timidité naturelle pour atteindre ses objectifs.

Prêt à tout pour retrouver certaines créatures de légende, persuadé qu’elles existent bien, Victorien se bat pour donner vie à certains de ses projets en rapport avec elles. Il va se retrouver confronté au danger, à l’espionnage, mais aussi à la rivalité.

Les Uchroniques Comtoises sont une série de romans à la croisée des chemins, qui ont pour cadre une Franche-Comté uchronique des années 1900, mêlant steampunk, légendes, Histoire, aventure et romance, au travers de la vie quotidienne des héros.

Victorien doit concilier son travail et ses contraintes, la discipline qu’impose la protection de l’armée, avec son caractère rêveur et ses aspirations sentimentales. Il cherche aussi à se rapprocher de son père, qui s’est plongé dans son travail depuis la mort de son épouse à la naissance de leur fils, et reste distant. Au fil des romans, on suit l’évolution de Victorien, son parcours initiatique pour passer d’un jeune homme timide à un homme affirmé, tant dans son travail que dans sa vie privée.

L’action se déroule dans différents hauts lieux de la région, Besançon, Joux, Vesoul, Belfort, mais entraînera aussi les lecteurs dans d’autres endroits, comme Paris, l’Italie ou la Crète. Les personnages parcourent ces endroits au début du XXème siècle et permettent une plongée dans la vie à la Belle Époque.

On retrouve dans chaque tome les mêmes personnages, mais les romans peuvent se lire indépendamment, car chacun contient une histoire distincte.

Les mystères de Joux et La Foire de Vesoul sont les deux premiers tomes de la série.

Plus d’informations sur le site de l’auteur.

1903

Besançon est devenue la capitale de la technologie française. Elle abrite au cœur de la Citadelle qui domine la ville, sous la protection de l’armée, un des instituts de recherche les plus avancés du pays.

Victorien, le fils du directeur, y travaille depuis trois ans comme ingénieur. Il a bercé toute son enfance dans les légendes de la région et rêve de mener à bien la construction d’une machine volante pour partir à la recherche de celle qui hante ses rêves, la mystérieuse Dame Verte.

L’occasion lui est bientôt offerte de donner vie à son projet, mais de la Citadelle de Besançon à la forteresse de Joux où vont le conduire les événements, le chemin va se révéler plein d’embûches.

Les Uchroniques Comtoises sont une série de romans à la croisée des chemins, qui ont pour cadre une Franche-Comté uchronique des années 1900, mêlant steampunk, légendes, Histoire, aventure et romance, au travers de la vie quotidienne des héros.

Les mêmes personnages en sont les héros, mais chaque roman peut se lire indépendamment.

Rachel Fleurotte est née à Vesoul, en Franche-Comté, en 1973.

Si elle vit à Paris depuis ses 20 ans, elle n’a pas oublié ses racines et rend hommage à sa région natale avec cette série de romans qui prend pour décor des lieux emblématiques de Franche-Comté.

Lire les premières pages 

Extrait

10 mars 1903

Les rayons du soleil perçaient au travers du feuillage et nimbaient la surface de l’étang de paillettes d’or. Assise sur un rocher, une femme aux cheveux auburn cascadant dans son dos, vêtue d’une longue robe verte, caressait distraitement la tête du lynx couché à ses pieds comme un gros chat. Les yeux émeraude de la dame ne quittaient pas l’animal qui s’ébattait joyeusement dans l’onde, son escarboucle de rubis posée sur la rive. La Vouivre plongeait, remontait à la surface, puis ébrouait ses ailes, répandant de fines gouttelettes autour d’elle.

Victorien observait ce tableau, le cœur battant, tapi derrière un tronc. Enfin, il avait trouvé celle qu’il désirait depuis si longtemps, cette belle Dame Verte qui hantait ses pensées et occultait toutes les autres femmes. Pétrifié, le jeune homme ne savait que faire : il brûlait d’envie de l’aborder, de lui avouer à quel point elle comptait pour lui et combien il l’avait cherchée dans les forêts de la région… Mais la peur le retenait : peur de la voir s’enfuir à son apparition ou, pire, de l’entendre le rejeter.

Il hésita longtemps, avant d’oser bouger et avancer de quelques pas dans sa direction. Une branche morte craqua sous son pied. Aussitôt, la Vouivre releva la tête, la Dame Verte se leva d’un bond et le lynx scruta les alentours de son regard perçant. Lorsque ses yeux fixèrent Victorien, encore sous le couvert des arbres, il sut que ce dernier l’avait repéré. D’un preste mouvement d’ailes, la Vouivre rejoignit la rive, ceignit son escarboucle et s’envola vers les cieux. Le jeune homme, fasciné, suivit son mouvement qui ne dura que quelques secondes. Lorsqu’il reporta son attention sur la Dame Verte, celle-ci s’était évaporée.

*

Victorien ouvrit les paupières et fixa la pénombre autour de lui avant de soupirer : un rêve, une fois de plus… Très souvent, la nuit, il contemplait en songe celle dont Charlotte lui avait tant parlé depuis sa plus tendre enfance. La légende de la Dame Verte, cette belle fée qui surgissait parfois pour séduire les jeunes hommes, le fascinait. Lorsqu’il avait d’abord osé mettre en doute la véracité de son existence, sa nourrice s’était fâchée en lui assurant qu’elle était bien réelle. Un de ses ancêtres l’avait rencontrée et avait passé plusieurs jours en sa compagnie. Toutefois, ce n’était qu’à son retour de Valempoulières, l’été de ses dix ans, que la mystérieuse beauté avait commencé à hanter ses songes. Elle était si belle que Victorien en était tombé amoureux. Il rêvait de la rencontrer et de lui plaire assez pour qu’elle le garde en sa compagnie.

Afin de forcer le destin, sachant que la dame se cachait dans les tréfonds des denses forêts comtoises, souvent près d’un étang, là où il lui faudrait des jours pour la repérer, il avait imaginé une solution. En secret, à l’aide de ses connaissances et de celles glanées dans des traités d’aéronautique, il concevait un dirigeable de petite taille, avec une nacelle monoplace, pour survoler les forêts et y dénicher les trouées formées par des points d’eau méconnus. L’engin n’existait à l’heure actuelle qu’à l’état de projet, quelques croquis et une maquette soigneusement cachés dans un meuble de son atelier, fermé à clé. Il butait encore sur des points techniques qui l’empêchaient d’envisager sa construction à taille réelle ; seul, il n’était pas sûr de parvenir à son but, mais pour l’instant, il ne voyait pas avec qui échanger sans attirer l’attention. Ernest, avec qui il collaborait activement depuis leur sortie de l’école, avait été muté sur un important projet à l’annexe de l’Institut à Belfort, six mois plus tôt, et il ne le reverrait sans doute pas avant plusieurs semaines.

Après son séjour à Joux au printemps 1903, Victorien a retrouvé les siens et Besançon. Il a fait la connaissance des enfants du général Dacier, Philippe et Catherine. Séduit par la jeune femme dès leur première rencontre, mais peu à l’aise avec la gent féminine, il tente de se rapprocher d’elle en leur servant de guide pour visiter la ville et les environs pendant ses jours de repos. Si Philippe se montre très vite expansif, Catherine reste sur la réserve. Victorien s’aperçoit aussi bientôt qu’il n’est pas le seul charmé par elle, et une vieille connaissance dont il se pensait débarrassé revient jouer les trouble-fêtes.

Mais Victorien a d’autres soucis : un mystérieux sanglier géant attaque ceux qui s’aventurent sur les flancs de la Motte, la colline qui domine la ville de Vesoul. L’ingénieur est persuadé qu’une force surnaturelle se cache derrière ces événements, sans parvenir à définir laquelle.

Alors que s’approche la foire de la Sainte Catherine, le grand événement de Vesoul, et son concours d’innovation auquel participe Victorien, la menace grandit de jour en jour…

Les Uchroniques Comtoises sont une série de romans à la croisée des chemins, qui ont pour cadre une Franche-Comté uchronique des années 1900, mêlant steampunk, légendes, Histoire, aventure et romance, au travers de la vie quotidienne des héros.

Les mêmes personnages en sont les héros, mais chaque roman peut se lire indépendamment.

Rachel Fleurotte est née à Vesoul, en Franche-Comté, en 1973.

Si elle vit à Paris depuis ses 20 ans, elle n’a pas oublié ses racines et rend hommage à sa région natale avec cette série de romans qui prend pour décor des lieux emblématiques de Franche-Comté.

Lire les premières pages 

Extrait

Une foule chamarrée se pressait sur le terrain des Remparts Dérasés. Un joyeux brouhaha envahissait les lieux, entre les conversations des badauds, la musique qui résonnait d’une baraque à une autre et les harangues des bonimenteurs qui cherchaient à attirer le public vers leurs attractions. Des odeurs alléchantes flottaient dans l’air : pommes d’amour, pralines grillées et pain d’épice. Les enfants se pressaient devant la charrette du marchand de barbe à papa. La texture cotonneuse émerveillait les bambins qui la réclamaient à grands cris à leurs parents.

Victorien, en passant devant avec ses compagnons, se souvint y avoir goûté la première fois trois ans plus tôt, à l’Exposition Universelle de Paris de 1900, au cours de laquelle elle avait été créée. À ses côtés, Philippe et Catherine semblaient plus intéressés par les attractions que par la nourriture, ce qui ne le surprenait guère en ce début d’après-midi. La jeune femme, qui tenait son bras, paraissait plus détendue que la semaine précédente, au grand soulagement de l’ingénieur. Philippe, comme à son habitude, discutait de choses et d’autres, commentant tout ce qu’il voyait sans leur laisser la parole.

Derrière eux, Charlotte et Yvonne papotaient joyeusement : la glace était rompue entre elles depuis que la première avait présenté à la seconde les couturières de leur quartier, et qu’elles avaient ensuite partagé une tasse de café. Victorien s’en réjouissait, d’autant qu’il avait compris qu’Yvonne n’était pas la duègne sévère qu’il avait crainte, mais plutôt la complice de ses protégés, tant qu’ils respectaient les limites des convenances.

Philippe désigna une baraque un peu plus loin :

— Regardez, un labyrinthe de miroirs ! Et si nous allions y faire un tour ?

Catherine opina, visiblement amusée par l’enthousiasme de son cadet :

— Ça peut être distrayant. 

Victorien surenchérit aussitôt, ne voulant pas gâcher l’occasion de lui faire plaisir :

— Allons-y, alors.

Ils se tournèrent vers leurs accompagnatrices. Yvonne secoua la tête :

— Je ne suis pas à l’aise dans ce genre d’endroits, mais vous pouvez y aller sans moi.

— J’vais rester avec vous, j’aime pas trop non plus.

Yvonne accueillit l’annonce de Charlotte avec reconnaissance. Tandis qu’elles s’asseyaient sur un banc à proximité, Victorien acheta trois billets et les jeunes gens pénétrèrent dans l’attraction. Des murs de glaces se dressaient autour d’eux, perturbant leurs repères. Philippe avançait le premier, riant quand il se retrouvait coincé par un obstacle. Catherine souriait, suivant son cadet, escortée par Victorien qui se tenait à ses côtés. Des enfants les doublaient en criant, pressés de s’en échapper, poursuivis par leurs parents ou leur nourrice. Leurs voix résonnaient dans les espaces clos des miroirs, déformant les sons. Malgré quelques culs-de-sac, la sortie fut assez simple à trouver et ils émergèrent bientôt à l’air libre. Philippe afficha une moue déçue :

— Quel dommage, j’en ai connu de plus compliqués.

Catherine haussa les épaules, plus indulgente :

— C’était tout de même amusant, tu es trop exigeant.

— À la foire du Trône, à Paris, il y en a de bien plus grands !